Harold et Shelley McPhail

À la question «Pouvez-vous nommer une chose que vous feriez pour que votre communauté rurale soit un meilleur endroit pour vivre, travailler et jouer», vous avez soumis beaucoup de bons exemples et de brillantes idées pour illustrer la façon que vous pourriez changer les choses.

 

Nous avons le plaisir d’annoncer les gagnants du concours «faire quelque chose d’extraordinaire», à savoir Harold et Shelley McPhail d’Almonte (Ontario).

Les McPhails, propriétaires et exploitants de Harshell Family Farm Enterprises (entreprise agricole familiale Harshell), produisent, avec fierté, des aliments pour les familles canadiennes depuis 1985. Les McPhails se passionnent pour l’agriculture et sont très fiers de la qualité de leurs produits et aiment faire partager leur amour de l’agriculture avec les membres de leur communauté qui n’auraient pas autrement la possibilité de vivre une telle expérience. «Étant donné l’image de l’agriculture moderne que nous représentons, nous nous devons d’assumer la responsabilité sociale de partager nos connaissances avec ceux qui veulent en apprendre davantage».

 

Veuillez lire les propos des gagnants pour comprendre la façon dont ils ont choisi de faire une différence, par l’entremise d’activités visant l’apprentissage, la sensibilisation et la promotion dans le domaine agricole:

 

Mon mari et moi-même exploitons une culture commerciale aux abords d’une petite ville de la vallée de l’Outaouais (d’Almonte). Notre champ s’étend sur trois kilomètres en bordure d’une route rurale très passante.

La route rurale aux abords de laquelle nous vivons et cultivons est très connue des marcheurs, des joggeurs, des cyclistes, des motocyclistes, des amateurs de voitures anciennes et des chauffeurs du dimanche. C’est une route calme et paisible qui suit le cours de la rivière Mississippi (notre ferme longe la rivière). Bien qu’on ne puisse pas voir la rivière à partir de la route, on a accès à l’un des parcs communautaires les plus petits et les plus beaux de la vallée de l’Outaouais (ce qui explique un certain engorgement).

 

Lorsque, il y a deux ans, nous avons cultivé du canola pour la première fois dans le cadre de la rotation des cultures, nous nous sommes demandé si les passants seraient en mesure de distinguer le canola de la mauvaise herbe. Nous avons donc décidé de «sensibiliser le grand public» pour qu’il puisse reconnaître le canola..

 

Cette décision nous a amenés à conclure que les gens qui passaient, chaque année, près de nos champs auraient probablement du mal à déterminer quelles étaient les plantes poussées dans chaque champ et mieux encore ce qui était advenu de ces «plantes» lorsque nous les avions récoltés.

 

L’idée de sensibilisation des passants a germé dans notre esprit lorsque nous nous sommes rendu compte que sur des dizaines de milliers de personnes, une seule personne se donnerait peut-être la peine de nous demander ce que ce serait une récolte. Pourquoi donc ne pas simplifier les choses pour tout le monde? Nous avons décidé de nous procurer des écriteaux conçus professionnellement mesurant 4 pi sur 4 pis pour étiqueter chaque récolte produite dans des champs longeant la lisière de la route.

 

Nos écriteaux indiquent clairement la nature de la RÉCOLTE et SON L’UTILISATION FINALE et au bas des écriteaux il est écrit ENTREPRISE AGRICOLE FAMILIALE HARSHELL. Nous avons des écriteaux pour le blé de force roux de printemps, le blé de force roux de l’hiver, l’orge de brasserie, les sojas Roundup Ready, le soja ségrégé, le trèfle, le foin et le canola.

 

Les réactions des passants (tant les marcheurs et que les automobilistes ) étaient très positives, comme nous avons pu le constater lorsqu’ils s’arrêtaient près de nos champs pour lire les écriteaux. Des passants allaient jusqu’à amener d’autres personnes sur place pour constater de visu «la sensibilisation à l’agriculture» et la nouvelle a circulé comme une traînée de poudre. Au printemps dernier, nous avons implanté des cultures et commencé à placer les écriteaux pour l’année agricole 2010 (puisque les cultures ont été alternées depuis 2009). Au moment où nous installions des écriteaux, des gens, que nous ne connaissions pas, passaient devant nos champs et ont exprimé leur approbation en donnant un coup de klaxon. D’autres s’arrêtent et attendent jusqu’à ce que les écriteaux soient fixés pour pouvoir les lire avant de poursuivre leur chemin.

 

Nous étions encore plus ravis l’année dernière lorsque l’un de ces passants, un apiculteur , a communiqué avec nous pour nous exprimer sa joie de voir le canola cultivé dans cette région, surtout que cette culture n’y était pas répandue (ce n’est que récemment que notre zone agricole a été jugée propice pour ce genre de culture). Le monsieur réside dans la région, mais il enseigne à Ottawa et le sujet de la «sensibilisation à l’agriculture» a retenu son attention. Il s’intéressait, surtout, à exposer certaines de ces ruches à la culture du canola. Il a produit, auparavant, du miel parfumé à d’autres cultures notamment le sarrasin et les pommes, mais il n’a jamais pu produire du miel parfumé au canola. Lorsqu’il nous a demandé la permission de placer deux ruches dans l’un de nos champs de canola, nous nous sommes dits totalement d’accord avec cette idée.À la fin de la saison et avant de récolter le canola, le monsieur a enlevé le produit des ruches et nous a offert deux grands pots de miel parfumé au canola en guise de remerciement pour avoir permis à ses abeilles de «se tenir» dans notre champ.

 

Il a été décidé d’un commun accord qu’il refait l’expérience l’année prochaine en mettant en place beaucoup plus de ruches, car le miel était le meilleur que nous ayons jamais goûté. Le monsieur a reçu d’excellents commentaires de ses clients habituels.

 

Nous avons décidé de préparer, l’année prochaine, un nouvel écriteau sur lequel on pourra lire d’autres renseignements sur la culture de canola. Cet écriteau annoncera que les ruches placées dans les champs sont des «PARTENARIATS COMMUNAUTAIRES» entre les entreprises agricoles familiales Harshell et Bill Jackson Honey. Pour sa part, Bill installera un écriteau sur lequel il expliquera que les abeilles fécondent le canola pour produire du miel parfumé aux fleurs de cette plante. Il prévoit peindre, pendant l’hiver, certains de ces vieux équipements d’apiculture pour les placer le long de la route dans le cadre de la «sensibilisation à l’agriculture» pour inciter les gens à s’arrêter devant le champ pour se faire une idée de ce «PARTENARIAT COMMUNAUTAIRE». Il n’y aura pas d’abeilles au cours de cette exposition pour éviter que les gens soient piqués par les abeilles. Ainsi, les ruches vivantes seront éloignées des champs et le public ne pourra pas s’approcher d’elles.

 

Nous envisageons d’enrichir encore l’expérience de la «sensibilisation à l’agriculture» en préparant des écriteaux pour les différentes étapes de la saison d'ensemencement. Par exemple, beaucoup de gens se sont demandé, cette année, si nous avions perdu la récolte de canola ravagé à cause des pluies qui se sont abattues au mois d’août pendant deux ou trois semaines sur la récolte mise en andains et déposée dans le champ. Nous leur avons expliqué que la mise en andains et le dépôt sur le sol de la récolte font partie de la moisson et que la pluie n’endommagerait pas le canola puisqu’il s’agit d’«oléagineux». Nous aimerions mettre en place une sorte de boîte-présentoir dans laquelle nous mettons un échantillon de la récolte pour stimuler une «expérience sensorielle» de chaque récolte. Ne serait-ce pas merveilleux si Monsieur et Madame Tout-le-Monde s’arrête au bord du champ ou marche le long de la bordure de ce champ pour voir les agriculteurs cultiver des plantes et jeter un coup d’œil sur les plantes vivantes avant d’aller observer la «boîte sensorielle» renfermant les graines récoltées. Les gens peuvent les voir, les sentir et même les goûter s'ils en ont l'envie.

 

Nous estimons que notre projet de «sensibilisation/formation/promotion» relève de notre responsabilité sociale. En tant qu’agriculteurs, nous sommes fiers de notre travail et nous aimerions faire partager notre amour de l’agriculture avec ceux qui n’auraient pas autrement la possibilité de vivre une telle expérience.

 

De plus en plus de générations se trouvent déconnectées du monde agricole. Nous souhaitons de tout cœur réconcilier un tant soit peu les amis et les étrangers avec l’agriculture en apportant notre modeste contribution à notre collectivité rurale.

Partenaires :

4-H Ontario Foundation for Rural Living Rural Ontario Institute

Financement du projet :

Agriculture Canada Agriculture Adaptation Council Agri-Food Canada